Luca

Dernier-né des studios Pixar, Luca s'octroie, à l'image de son prédécesseur Soul, une sortie directement sur la plateforme Disney+ en raison des conditions sanitaires liées à la pandémie mondiale. Pour cette nouvelle aventure, les créateurs de Luxo Jr. ont décidé de rendre hommage à l'Europe, et plus particulièrement à l'Italie. Monstre marin curieux, Luca, comme Ariel autrefois dans La Petite Sirène, ne rêve que d'une chose : aller à la surface et découvrir le monde terrestre. Avantage de taille : dès qu'il met la tête hors de l'eau, il prend l'apparence d'un véritable petit garçon. Sa rencontre avec l'audacieux Alberto, naufragé solitaire vivant dans une ruine au bord de la mer, et Giulia, la fille d'un poissonnier, va radicalement changer son destin et c'est à bord d'une Vespa que leur relation va se mettre en place et ce, dans un seul but : remporter le triathlon annuel.

Dès les premiers instants, le spectateur est transporté dans une atmosphère tout à fait particulière : la précision et la magnificence des décors restant très certainement le point fort de ce long-métrage. En effet, l'immersion au coeur de la Riviera italienne, dans la ville portuaire de Portorosso, est instantanée : façades colorées, ruelles étroites et victimes de pentes vertigineuses, grands-mères bougonnes ou boutiques typiques, cette Italie animée se montre bien alléchante. De même, le soin apporté au traitement du monde marin, que ce soit au niveau de l'eau ou du sable, s'avère très convaincant. Néanmoins, l'aspect très arrondi des personnages laisse entrevoir une cible bien définie : le jeune, très jeune public.

Là où des films précédents du studio comme Là-Haut ou Wall·E étaient porteurs d'une morale ou d'une sensibilité exacerbées, Luca n'offre pas cette même dynamique. Les personnages sont attachants, évidemment, mais leur traitement repose sur une confrontation très manichéenne. Une sorte d'histoire d'amitié qui finit bien, sans jamais subir d'obstacles insurmontables. A aucun moment, les difficultés rencontrées par les héros ne créent de suspens palpable, rendant l'instant amer dans la mesure où les perspectives étaient larges. Les trois amis vont devoir faire face à des parents plutôt laxistes peu crédibles ou à un Ercole Visconti, autre garçon du village, qui n'a d'effrayant que son arrogance. Une plus grande corrélation entre les monde marin et humain aurait sûrement apporté à l'intrigue des rebondissements plus palpitants, créant ainsi la possibilité de mettre en péril le monde originel de Luca au regard de ses actions.

Il n'en est rien. En abordant des thèmes convenus comme la confiance en soi ou l'acceptation de ses différences, Luca fait preuve de peu d'audace. Agréable mais loin d'être aussi remarquable que ses ancêtres, le long-métrage permet avant tout de profiter de décors somptueux, invitant indéniablement au voyage et au farniente. Une petite parenthèse enchantée et amicale qui se savoure avec une bonne glace... à l'italienne !