Sur la route

de la mythique Bergen

7 Août - 7 h 30.

Après une nuit dans le calme le plus absolu, nous nous réveillons sous - 2°C. La neige couvre les sommets, les eaux aux alentours dorment paisiblement et le vent anime le paysage tel un glacial chef d'orchestre. Avec mélancolie, nous abandonnons les hauts plateaux du Jotunheimen et entamons notre descente vers Bergen, située à 370 kilomètres au sud-ouest. Un trajet long et sinueux atténué par les merveilles qui nous enlacent. 

Les paysages norvégiens se révèlent par leur caractère céleste, véritables oeuvres d'art naturelles. Telles des pluies diluviennes, les cascades jaillissent de toutes parts dévalant les rives et finissant leur course en s'unifiant avec le roi des fjords : le Sognefjord. Long de 205 kilomètres, il nous accompagne et décide de nous faire face en interrompant subitement notre lancée.

Quelques NOK plus tard, nous nous engageons à bord du ferry pour rejoindre l'autre rive, humbles passagers du souverrain.

De nouveau à la lumière du jour, nous filons droit vers Bergen, nichée au milieu de sept collines, d'autant de fjords et de la mer. Nous sommes de suite fascinés par l'ambiance portuaire qui s'en dégage : les traditionnels navires de pêche fréquentent des embarcations modernes, preuves que la navigation est l'un des moteurs de la ville. Au milieu de ces drakkars contemporains, nous traversons le marché aux poissons où l'odeur de l'iode se marie à celle des harengs fumés puis partons à la découverte de quartier historique de Bryggen. Toutes de bois vêtues, ses habitations colorées, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO, sont les témoins les plus marquants d'une époque prospère.

Quelques NOK plus tard, nous nous engageons à bord du ferry pour rejoindre l'autre rive, humbles passagers du souverain. Ses servantes s'épanchent toujours et, entre deux d'entre elles, un tunnel se glisse, nous permettant d'entrer dans l'intimité de la montagne. Nous plongeons dans l'obscurité la plus absolue ; nos yeux peinent à s'adapter aux différentes variations de lumière tandis que nos mouvements sont incroyablement rétrécis par l'étroitesse de la route. Sans nous en rendre compte, nous découvrirons bien plus tard qu'il s'agissait du Loerdals qui, avec ses 24,5 kilomètres, est le plus long tunnel au monde. 

Nous nous éloignons alors du quai hanséatique et, sous le regard arrogant des visages sculptés qui ornent les façades, nous nous engouffrons dans les méandres autrefois empruntés par les pêcheurs. Sans aucune difficulté, l'atmosphère singulière qui hante les lieux s'imprègne en nous. Chaque bâtiment est une expression du Bryggen d'autrefois. Nous imaginons le bal incessant des marins foulant les planches de leurs entrepôts, leurs bureaux ou leur foyer.

L'atmosphère singulière qui hante

les lieux s'imprègne en nous.

Heureux mais exténués par cette journée, nous jetons un dernier regard sur Bergen qui, malgré sa taille imposante pour une ville de Norvège, conserve son âme par ses docks vivants et son environnement préservé.