Autour des lacs du

Parc National de Berchtesgaden

L’eau. La roche. Indissociablement liées. L’Allemagne méridionale déploie une variété impressionnante de paysages lacustres. Au cœur du Parc National de Berchtesgaden, cette alliance est conservée. 

La séduction atteint son paroxysme lorsqu’au milieu de la traversée,

le capitaine s’arrête et joue un air de trompette dont l’écho résonne comme par magie. 

Le Königssee, plus haut lac du pays, est probablement le plus spectaculaire d’entre tous. Entouré de parois rocheuses et rempli d’une eau émeraude et azur si pure et limpide qu’elle en devient potable, ce lac aux allures de fjord est enchanteur. Notre traversée, effectuée à bord d’un bateau électrique en bois au charme d’antan, nous fait rejoindre la petite contrée de St. Bartholomä, perdue au milieu des falaises. Dès les premiers instants, le clapotis de l’eau sous la coque apaise. Nous prenons une inspiration, épions l’horizon, hypnotisés par ce bain d’huile sur lequel nous voguons.

La séduction atteint son paroxysme lorsqu’au milieu de la traversée, le capitaine s’arrête et joue un air de trompette dont l’écho résonne comme par magie. Calme absolu. Larme à l’œil. Un pur instant de poésie trop court qui nous rappelle ces quelques notes d’Ibrahim Maalouf que nous affectionnons tant. L’embarcation redémarre et, à l’angle d’une paroi, nous apercevons la petite bourgade à atteindre, magnifiée par une église dont les bulbes rubis du clocher se détachent, créant ainsi une ambiance moscovite. Une fois à quai, nous déambulons un instant parmi les baraques de bois avant de nous installer sereinement sur un banc. Ataraxie. 

Les rares volatiles, experts en plongée glaciale, nous escortent pour un dernier ballet.

Seuls le chant des oiseaux et l’écoulement de l’eau sont perceptibles : un véritable paradis terrestre. Au loin, ce paradis souffre d’une lugubre histoire comme en témoigne cette bâtisse de béton construite sur le Mont Jenner, surplombant le Königssee. Ce « nid d’aigle », tristement célèbre pour son rôle durant la Seconde Guerre Mondiale, domine mais nous l’oublions, nous recentrant sur l’essentiel et ce présent séraphique. Comme le bonheur est lui aussi éphémère, l’heure du départ sonne : nous quittons le lieu sans pouvoir explorer Obersee et sa fameuse cabane de pêcheur ou Eiskapelle, une curieuse chapelle de glace, inaccessibles pendant l’hiver. 

Mais, ne pouvant nous séparer si rapidement de ce travail d’orfèvre naturel, nous gagnons en hauteur jusqu’à Malerwinkel qui offre un point de vue plus large et ouvre la voie à une petite randonnée au cœur du Parc. Là encore, tout n’est que calme et délectation : les conifères se dressent en majesté, les êtres ailés chantent de leur plus belle voix, les eaux ruissellent avec musicalité. 

Une vie touchante, une vie plaisante ; un voyage qui se fige au bord du lac Hintersee, à demi gelé, où seuls les rares volatiles, experts en plongée glaciale, nous escortent pour un dernier ballet.