Sur les pentes verdoyantes des

Volcans d'Auvergne

« L'Auvergne, une région naturelle(ment) explosive à préserver et à respecter. » - C'est par ces mots que Léo, un pur bougnat d'origine, décrit sa région natale. Des mots qui résonnent dans notre mémoire et qui s'accordent parfaitement avec notre vision du monde ! Il ne nous en fallait pas plus pour partir à la découverte du coeur de l'Hexagone, riche de plus de 90.000 ans d'histoire. Un site unique en France s'étirant sur plus de vingt mille hectares et offrant un relief hypnotique. 

Les puys s'enchaînent et se dressent majestueusement devant nous. 

Sur les pas de Blaise Pascal, nous entamons 72 heures de découverte des monstres sacrés du Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne en nous attardant sur deux lieux emblématiques de la région : le Puy de Sancy et la Chaîne des Puys. Notre objectif est de voir du vert, du relief et nous n'allons pas être déçus. Dès les premiers instants, à notre arrivée, l'ambiance est donnée : les puys s'enchaînent et se dressent majestueusement devant nous et l'envie de les rejoindre ne fait qu'augmenter. Malheureusement, Chronos préside toujours à l'expédition et veille sur chaque minute qui s'écoule. 

Profitant des conseils de Léo, qui nous avait fourni un itinéraire détaillé pour profiter pleinement des lieux, nous changeons notre programme en inversant celui-ci, par manque de temps. Notre première destination sera le Puy de Sancy, un sommet des Monts Dore culminant à 1886 mètres d'altitude : le géant auvergnat qui en impose par ses roches lacérées et ses flancs reverdis. Pour accéder au domaine des dieux, deux options sont possibles : l'emprunt du téléphérique qui vous permet un accès en quelques minutes, et les nombreux sentiers de randonnée, variables en difficulté mais tous unis par la diversité florale et faunale offerte. 

Afin de profiter sereinement de la vue offerte par Sancy, nous décidons d'utiliser le téléphérique : l'ascension, rapide, offre un premier panorama saisissant sur les vallées en contrebas. L'au-vert-gne porte, à ce titre, bien son nom car tout ce qui se situe sous nos pieds, à l'exception du minéral insaisissable, n'est que verdure. Une première approche qui ne laisse pas indifférent. Parvenus au sommet après avoir franchi de nombreuses marches de bois, cette première approche vient confirmer notre ressenti initial. Isolés, en compagnie de quelques touristes, sur une plate-forme escarpée, notre conscience se met en veille, notre regard tente de saisir le moindre détail d'un spectacle inimaginable. La vue à 360° est un atout majeur pour nous faire « ressentir une très profonde sensation de liberté et de modestie face à la nature », pour reprendre les mots de Léo. 

La vallée nous accueille et nous, en humbles hôtes, nous nous délectons de chacun de ses savoureux membres. 

Absorbés par le panorama, et après quelques jeux d'amusement photographiques, nous prenons notre collation dans ce lieu magique, accompagnés par le sifflement des marmottes, l'air frais et le soleil réchauffant. Au loin, le Lac Pavin, parfaitement circulaire, somnole. Tous nos sens sont et restent en éveil, comme pour saisir les moindres nuances et particularités du site. Le calme régnant apporte sa dose de détente et, avant d'entreprendre le retour, le ventre plein, nous nous assoupissons quelques minutes sur les pentes du puy, histoire de raviver nos forces.

A notre réveil, nous sommes moins d'une dizaine à être encore au sommet et c'est motivés par cette communion quasi-totale avec la nature que la descente s'entame. Pour retourner au point de départ, une heure est nécessaire : une heure qui défile à la vitesse de l'éclair car chaque recoin de la vallée fourmille d'éléments à observer, calmement, pour les respecter. Quelques menus oiseaux et chamois apparaissent, pour notre plus grand bonheur ; le soleil décline en offrant au lieu un mysticisme ambiant. Les roches roulent sous nos pieds et accompagnent nos pas. Indéniablement, la vallée nous accueille et nous, en humbles hôtes, nous nous délectons de chacun de ses savoureux membres. 

Après une nuit plutôt fraîche, les rayons du soleil-levant frôlent nos visages pour nous rappeler que la Chaîne des Puys nous attend. Composée d'environ 80 volcans symboliques qui « accompagnent les habitants au quotidien et qui sont visibles de n'importe où aux alentours », la Tribu des Puys montre avec élégance que ses occupants sont à la fois tous uniques mais également tous liés par une ancienne activité commune. Au départ du Col de Ceyssat, nous rejoignons Léo qui, bien amicalement, a accepté de nous donner, de vive voix, tous les conseils possibles pour pouvoir mener à bien notre randonnée du jour. Sa parfaite connaissance des lieux a été une plus-value remarquable pour concrétiser une randonnée sans risquer de se perdre dans les méandres du domaine.  

Une fois nos chaussures de randonnée enfilées, nous attaquons la montée d'un des plus célèbres puys de la région : le Puy de Dôme. Accessible par motorisation grâce au panoramique électrique, nous optons pour la voix « naturelle », notre volonté étant de s'élever progressivement tout en foulant le sol de nos propres pieds. L'escalade est plutôt rapide puisque seulement 45 minutes sont nécessaires pour rejoindre le sommet, nonobstant quelques parcelles plus abruptes. Là-haut, plusieurs surprises nous attendent : une vue captivante sur Clermont-Ferrand et sa périphérie, une station météorologique imposante et une reconstruction très intrigante, sur les modèles antiques, du temple de Mercure, datant du IIe siècle. L'avantage d'un puy est, sans contestation possible, sa forme circulaire qui autorise le passager à une découverte sans limite possible. Ainsi, faire le tour du Puy de Dôme nous a permis de fixer notre regard sur les objectifs de la journée et sur la route à suivre pour poursuivre notre randonnée. 

Au loin, nous entrevoyons donc notre deuxième étape : le Puy du Pariou, le mont de coeur de Léo à cause de « son cratère magnifique, quasiment parfait et accessible à tous. » Grâce au plat Chemin des Chèvres, nous débouchons aisément aux escaliers du Puy : les pentes volcaniques du Dôme laissent apparaître des roches caractérielles qui cohabitent avec une végétation déstructurée mais à l'accent magique. Quelques ombres dues aux parapentes viennent atténuer la chaleur étouffante et, en compagnie des végétaux et des chevaux, nous entamons une petite collation avant de grimper les centaines de marche qui nous séparent du sommet du Pariou. A sa cime nous nous rendons compte que Léo ne nous avait pas menti : le Pariou a cela d'exceptionnel que son cratère est effectivement son signe distinctif, mais ce signe reste mémorable par sa grandeur. La nature ayant repris ses droits, le cratère est aujourd'hui, comme son extérieur, aussi vert que le reste de l'Auvergne, mais la descente en son coeur reste un moment inoubliable pour apprécier la démesure et le flamboiement d'un tel titan. 

Le bêlement des moutons et le meuglement des vaches vient conférer à nos derniers pas un pur sentiment naturel tout en nous offrant la dose de ressourcement dont nous avions besoin. 

Si notre journée ne nous permet pas de réaliser la montée du Puy de Clierzou, vivement conseillé par Léo pour sa tranquillité, ses grottes et ses points de vue,  nous terminons notre journée au coeur de la chaîne. La descente du Pariou achevée, nous choisissons le sentier le plus long pour rejoindre Ceyssat afin de contourner la majeure partie des monts et d'apprécier une autre facette du paysage. Les frais sous-bois ombragés laissent apparaître une diversité étonnante d'arbres mais autorisent l'homme à venir élever son bétail ovin ou bovin, sur des pentes fertiles et tranquilles. Le bêlement des moutons et le meuglement des vaches vient conférer à nos derniers pas un pur sentiment naturel tout en nous offrant la dose de ressourcement dont nous avions besoin. Nous quittons ces terres ancestrales, chargées d'histoire, en emportant en nous « La Force du Volcan », dirions-nous mêmes des volcans qui, selon Léo, « évoluent au fil des saisons et de la météo en donnant lieux à des scènes uniques. » Une remarque percutante qui nous donne déjà envie de sympathiser à nouveau avec les 80 en les imaginant se recouvrir de différentes parures inoubliables.